Christian Ferry à propos de Philippe de Broca

je l'ai accompagné dans ses rêves

En fait, comme le disait Philippe, nous n’avons réalisé que peu de projets ensemble :

Un Monsieur de Compagnie, où j’étais régisseur, mais où j’avais apporté l’argent complémentaire de Fox grâce aux bonnes dispositions de Zanuck à mon égard puisque j’avais été le directeur de production heureux des débarquements à l’île de Ré du « Jour le plus long », et l’emploi forcé d’Irina Demick, la maîtresse de Zanuck, pour faire pendant à Catherine Deneuve dans le film de Philippe…

Mais je l’ai accompagné dans ses rêves : une balade en Égypte à l’automne 1968, à la recherche de Néfertiti, qui ne nous y attendait pas, que nous n’avons pas retrouvé non plus à Londres au British Museum, mais à Berlin…

Ma mère avait indiqué le roman dont « la Poudre d’escampette » était tirée et je me suis encore baladé avec Philippe au Maroc et en Tunisie mais finalement ces Mnouchkine que Columbia a voulu pour le produire : place aux grands.

Je n’étais pas triste d’être ainsi relégué, car ces voyages de repérage avec Philippe ont été pour moi des aventures joyeuses fécondes, différemment pour lui et pour moi.

J’ai l’image précise de Philippe et de moi, sur deux chameaux, entre le Sphynx et les Pyramides, suivi par un vieux dragoman sur un âne guidé par un jeune bédouin borgne : le Vieux, à chaque arrêt, créé par un incident ridicule le plus souvent nous disait : « I want you to be happy ! »

 

 

Christian Ferry