Philippe Noiret à propos de « L’Africain »

Philippe Noiret | 
Le tournage a été dur parce que long : 14 semaines je crois… Catherine et moi étions privilégiés, mais la troupe a vécu pendant longtemps sous des tentes. Et puis nous partions tourner dans des petits avions, quasi en escadrille. Au début « on fouette » un peu, après ça devient une habitude. Quelquefois, le tournage se […]

Le tournage a été dur parce que long : 14 semaines je crois… Catherine et moi étions privilégiés, mais la troupe a vécu pendant longtemps sous des tentes. Et puis nous partions tourner dans des petits avions, quasi en escadrille. Au début « on fouette » un peu, après ça devient une habitude. Quelquefois, le tournage se faisait en équipe réduite. Alors, c’était deux avions qui quittaient l’escadrille pour atterrir à côté des flamants roses… Le temps de deux plans ! 

Théoriquement les pygmées sont des nomades. Les nôtres étaient des semis nomades fixés dans cette partie du pays parce qu’il s’y était développé à une époque un peu de tourisme. Ils tournaient dans le film en échange de nourriture pour six mois ou un an ! En fait ils se sont beaucoup amusés et ont très vite compris de quoi il retournait. Compris ce qu’était le champ de la caméra !  Quand ils se savaient sortis, ils s’arrêtaient de même. Ils avaient aussi le sens du spectacle, ils nous ont même organisé une soirée ; ce n’était pas terrible mais enfin bon… Bien que leur façon de vivre ne soit pas aussi pure que dans le temps, ils vivent encore sous des petites huttes en bananier et se promènent toujours comme dans « la guerre du feu » avec un brandon ou deux. Ils ont toujours l’air d’avoir froid et sont un peu recroquevillés. Ça  leur donne un côté absolument bouleversant ! Dès qu’on les amenait quelque part pour tourner, ils allumaient leur petit feu et se mettaient autour.

Ce qui est certain c’est que ce fut un tournage très dépaysant avec des pluies tropicales comme je n’en avais jamais vu !

Au début de sa carrière Philippe de Broca s’était trouvé une sorte de double idéale en la personne de Jean-Pierre Cassel qu’il avait entraîné dans toutes ses aventures de jeunesse ; aujourd’hui Philippe Noiret a prit le relais, cela se confirme dans L’Africain et ce sera définitif dans Chouans ! :

«  Comme Philippe de Broca est petit et menu ça lui fait sûrement plaisir de se voir incarner par un bonhomme de 100 kg et d’un mètre 85 ! »