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« L’Homme de Rio » au festival de L’Alpe d’Huez

« L’Homme de Rio » au festival de L’Alpe d’Huez

Alexandra de Broca présentera L’Homme de Rio au festival international du film de comédie de L’Alpe d’Huez le jeudi 18 janvier à 12h (salle Belledonne).


Bruno Troublé raconte la passion de la mer de De Broca

Bruno Troublé raconte la passion

de la mer de De Broca

Le skippeur français Bruno Troublé, qui a (entre autres) participé aux JO de Mexico en 1968 et de Montréal en 1976, vient de publier un livre de souvenirs aux éditions Albatros, Pas une minute à perdre !. Il y évoque notamment son amitié avec Philippe de Broca, les quinze dernières années de la vie de ce dernier.

« Un ami inoubliable ! Nous ne l’avons pas connu par le cinéma, mais par la mer. Un peu comme mon père bien-aimé, Broca était un marin tardif : il a acheté son bateau, un Taillefer en acier, à 50 ans ! (…) Le Moana, hivernait au chantier Le Borgne à côté de notre maison de vacances au Parun, située sur la berge de la rivière d’Auray à Baden, et nous sommes ainsi rapidement devenus proches. » Le cinéaste aimait particulièrement le golfe du Morbihan et l’île de Boëdic où il avait tant joué enfant. Il y a d’ailleurs tourné des scènes du Cavaleur et des Clés du paradis.

« Il aimait à dire : « Le golfe du Morbihan est accueillant mais l’idée d’aller affronter Belle-Île correspondait dans mon imaginaire à aller affronter le cap Horn… Et je préfère répondre aux Parisiens : « Comment ? Vous ne connaissez pas le golfe et la pointe des poulains ? », que leur dire « Oui, c’est moi le metteur en scène de L’Homme de Rio »… »

Malgré tout, reconnaît Troublé, si le cinéaste « adorait naviguer, il était assez incompétent, inconscient et maladroit. » Mais « sa joie de vivre, sa légèreté » ont comblé Troublé et sa femme. « On a tellement rigolé ! Philippe perdait sans arrêt son téléphone portable, qu’il mettait dans la pochette de sa chemise. Lorsqu’il se penchait en avant, le téléphone tombait… Il est ainsi tombé dans 30 centimètres d’eau alors qu’il tirait son annexe sur la plage. Il n’a fait ni une ni deux : « Je vais le mettre dans le four dix minutes, il va remarcher ! » On a sorti, une heure après, des lambeaux de plastique noir. »

Pas une minute à perdre !

(Editions Albatros, 256 pages, 27 euros)


Présentation de « L’Homme de Rio » par Benoit Peeters

Présentation de « L’Homme de Rio » par Benoit Peeters

Dans le cadre d’une carte blanche, Benoît Peeters, scénariste de bandes dessinées, romancier, éditeur et professeur au Collège de France, a présenté le 20 avril 2023 à la Cinémathèque française L’Homme de Rio de Philippe de Broca.


« Cartouche » sur Paramount Channel

« Cartouche » sur Paramount Channel le 14 mai 

Cartouche (1962), premier film de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo, passera à 20h40 sur Paramount Channel le dimanche 14 mai.


Soirée de Broca sur Ciné+Classic

Soirée de Broca sur Ciné+Classic

Soirée spéciale Philippe de Broca vendredi 28 avril sur Ciné+Classic ! A 20h50, Le Diable par la queue, à 22h21 le documentaire « Philippe de Broca ou l’art de la mélancolie » de Jérôme Wybon (lire son interview ici) et à 23h12 Chère Louise.


Thomas Croisière : « Chez de Broca, il y a une vraie ambition »

Thomas Croisière : « Chez de Broca, il y a une vraie ambition »

Chroniqueur sur France Inter dans l’émission C’est encore nous où il parle régulièrement des films qui ont marqué sa vie, Thomas Croisière parle aussi de cinéma sur scène dans le spectacle Voyage en comédie. Ce « passeur » revient pour le site sur son rapport à l’œuvre de Philippe de Broca.

Vous évoquez souvent sur France Inter et dans votre spectacle les films qui ont marqué votre vie. Est-ce par nostalgie ?

Non, je ne suis pas du tout dans le « c’était mieux avant ». Le cinéma est vraiment pour moi une passion. Je regarde des films depuis toujours, beaucoup, avec plaisir et de toutes sortes. Et j’adore en montrer certains, les partager, comme L’Affaire Thomas Crown ou Certains l’aiment chaud. Il y a vraiment des films qui méritent d’être vus et revus. Je pense que la culture nous réunit. Et depuis que je suis papa, il y a l’idée de la transmission. Je transmets énormément de ce que je suis en montrant des films à mes enfants, depuis qu’ils sont tout petits. Chaque dimanche soir, on se fait deux cartoons de Tex Avery, comme au bon vieux temps de La Dernière Séance, et on mange devant un film. Ça va de Dumb et Dumber au Napoléon d’Abel Gance. Pendant le confinement, je les ai fait participer à ma chronique sur France Inter et ils ont vu notamment Les Tribulations d’un Chinois en Chine, qu’ils ont adoré.

Que vous inspire l’évocation du nom de Philippe de Broca ?

Cela m’évoque un très grand réalisateur qui a su faire de la grande comédie d’aventures populaire. Pour moi, Philippe de Broca c’est avant tout ça, car gamin, j’ai découvert Les Tribulations d’un Chinois en Chine et L’Homme de Rio avec un grand plaisir. Après, quand on vieillit, on découvre des films comme Le Cavaleur, qu’on ne comprend pas à quinze ans mais qu’on peut apprécier à quarante ans, quand on a un peu vécu. D’ailleurs, c’est un film qui est aussi un marqueur dans la vie de de Broca, à travers lequel il parle de lui et de son propre vieillissement, ce qui, dans ces métiers-là d’artiste et d’auteur, est quelque chose de compliqué à assumer.

Donc, de la comédie d’aventures populaire, mais pas que. Et de ce que j’en connais, et de ce que j’en vois de loin, il avait une certaine classe, une belle façon de parler du cinéma… Physiquement, il y a quelque chose de Cassel quand il est jeune, quelque chose de Rochefort quand il fait Le Cavaleur. Il avait des avatars dans ses films. C’est amusant de voir un homme attaché à ses acteurs et vieillir avec eux. Je pense qu’il y a là quelque chose de profondément humain. On trouve chez lui à la fois une pudeur et quelque chose de très impudique. Fondamentalement, j’ai l’impression que dans ses films, il parle de lui, beaucoup. C’est très nombriliste, en fait. Là où d’autres réalisateurs ne le faisaient pas forcément. Tavernier n’avait pas le même rapport au cinéma, par exemple, il racontait des histoires, il ne parlait pas de lui. Un de Broca ou un Sautet utilisent le média pour partager ce qu’ils sont, ce qu’ils font, leurs névroses, leurs centres d’intérêt, leurs plaisirs comme leurs déplaisirs. Quand vous tournez beaucoup, comme de Broca mais aussi comme Truffaut ou comme Ozon aujourd’hui, vous ne faites pas que des films réussis. Mais dans chacun, il y a quelque chose d’eux.

Il fait partie des grands réalisateurs du cinéma français. J’aime bien parler de ces gens-là, j’aime bien montrer leurs films à mes enfants. Je ne sais pas si je leur montrerai Le Roi de cœur, je ne sais pas s’ils le comprendront mais je pense qu’un jour je le ferai. C’est un film très étonnant que j’aime énormément. Ce qui est plaisant chez de Broca, c’est que c’est un vrai réalisateur. Et aujourd’hui, le fait qu’on ne tourne plus en pellicule, beaucoup en numérique, pousse de plus en plus les réalisateurs à multiplier les angles et à se dire « ça, on verra en post-prod ». Ils n’ont pas réellement de point de vue. Et ce que je trouve intéressant chez des gens comme de Broca, c’est qu’il y a une vraie ambition de réalisation, de contenu, de construction graphique…

De Broca a été traumatisé par ce qu’il a pu voir pendant la guerre d’Algérie, ce qui l’a décidé à se tourner vers la légèreté, la comédie…

Oui, on sent qu’il y a une envie de divertissement, tout est très rapide dans son cinéma. Il y a toujours une petite mélancolie, c’est pas des comédies de Philippe Lacheau ou Philippe Clair. Il y a un côté très humain, racé. C’est un peu l’élégance du désespoir, d’une certaine mesure.

Une tendresse pour Le Magnifique ?

Le Magnifique est un film culte pour à peu près tout le monde. « Vous plaisez aux femmes ? Je ne sais pas » (rires) Entre le film de requins, le film de mariachis, le film-dans-le-film, la mise en abyme, l’opposition auteur-création et puis Jacqueline Bisset qui est la plus belle femme du cinéma à ce moment-là… C’est marrant de se dire que le film a 50 ans, qu’il appartient à la même époque que L’aventure c’est l’aventure. Je ne dirais pas qu’il n’a pas pris une ride, mais il est toujours aussi fou. Sans Le Magnifique, il n’y a pas OSS 117. J’ai acheté le 33 tours de la musique du film à la vente aux enchères de vinyles de Radio France. À la disparition de Claude Bolling, j’avais fait un petit papier sur lui à l’antenne.

Vous parlez d’ailleurs souvent de la musique des films que vous chroniquez. De Broca a beaucoup travaillé avec Georges Delerue…

Oui, il avait une grande fidélité, comme Claude Lelouch avec Francis Lai. Delerue était le grand compositeur de la Nouvelle Vague. Et de Broca n’en était pas loin, d’ailleurs, il les connaissait tous, il a été le premier assistant de Claude Chabrol et François Truffaut. Quand on voit qu’il a travaillé par la suite avec Michel Audiard qui a été honni par tout ce mouvement, il y a là quelqu’un de curieux qui mélange plein de choses.

Avez-vous vu un film de de Broca au cinéma ?

J’ai vu Chouans !. C’était bien parce que ça racontait l’Histoire, des périodes que je ne connaissais pas… J’ai aussi un chouette souvenir des 1001 Nuits, que j’ai vu à la télé en deux soirées, il me semble. J’ai des images de Jugnot et Lhermitte en plein désert…

Merci à l’équipe du site d’entretenir l’œuvre de de Broca qui mérite d’être (re)découverte.

Propos recueillis par Philippe Lombard

Photo : Nicolas Seurot

La chronique de Thomas Croisière sur L’Homme de Rio sur France Inter


Claude Rich à propos du « Jardin des plantes » (vidéo)

Claude Rich à propos
du « Jardin des plantes »

Claude Rich est venu présenter Le Jardin des plantes à la Cinémathèque française en 2015, à l’occasion de la rétrospective Philippe de Broca.


Il y a 50 ans disparaissait Françoise Dorléac

Il y a 50 ans disparaissait Françoise Dorléac

Il y a cinquante ans disparaissait Françoise Dorléac dans un accident de voiture. Elle fut révélée en 1964 par L’Homme de Rio, face à Jean-Paul Belmondo. Comme Philippe de Broca l’expliquera des années plus tard, il n’aurait pas fait le film sans Françoise Dorléac : « Je ne pouvais imaginer L’Homme de Rio sans elle. Françoise avait cette vivacité, cette originalité, cette voix rauque… Elle m’emballait… »


La maison de Vert

La maison de Vert

Passionné de jardin, et n’aimant pas la ville, Philippe de Broca achète en 1969 une ferme dans le village de Vert dans les Yvelines.

Passionné de jardin, et n’aimant pas la ville, Philippe de Broca achète en 1969 une ferme dans le village de Vert,dans les Yvelines.

La maison, composée de deux corps de bâtiment, d’un porche avec pigeonnier et d’un hectare de jardin est bordée par une rivière, la Vaucouleurs. La maison devient son lieu de résidence permanente, son havre de paix et d’inspiration et ce, jusqu’à sa mort. Il n’a plus besoin de voyager (mais il a son Land Rover dans le garage au cas où…) et trouve désormais le même bonheur dans son jardin que dans les savanes africaines !

La maison n’avait pas de nom ; on allait à Vert, tout simplement… Et on y trouvait Philippe dans son jardin, à bêcher, bouturer, planter ou, les jours de pluie, dans sa serre à préparer ses semis. Écolo avant l’heure, il n’achetait jamais de semences et passait son temps dans les jardins voisins à voler graines ou racines qu’il oubliait dans les poches de son jean. On y rencontrait vivant en liberté, poules et oies qui, élevées dans le jardin, suivaient Philippe comme un chien suivrait son maître et ce jusque dans la cuisine !

A l ‘arrivée de son troisième enfant Philippe a reconnu qu’un poulailler serait plus raisonnable, à la fois pour récupérer les oeufs et pour éviter de mettre les pieds dans les fientes, quand les oies ne se baignaient pas dans la piscine ! Il y eut aussi des chevaux, des poneys, un cochon, des chats, des colombes blanches… Tous ces animaux vivaient en parfaite harmonie n’obéissant qu’au maître des lieux.

Mais enfin, et surtout, il y avait ses chiens ! Dans les premières années ce furent des teckels qui suivaient Philippe sur les tournages, ou en ville, et même quand il montait à cheval. Puis ce fut le tour de labradors, des blonds ou des noirs.

Qui ne se souvient dans le village de Vidocq, de Gitane, ou de Julie ? Le jardin n’étant pas clos, les chiens franchissaient la rivière pour aller chasser dans les champs aux alentours, sans laisse et sans collier. Les chiens, comme leur maître, devaient vivre au gré des saisons et au gré de leur plaisir. Un jour, arrivant de Paris sans prévenir, Philippe trouva son labrador Vidocq dans la piscine, incapable d’en sortir, avec le jardinier portugais (qui ne savait pas nager) tentant de tirer la bête hors de l’eau, le poids de Vidocq risquant d’entraîner le malheureux Julio dans l’eau.

Finalement, il y eut plus de peur que de mal, à partle revêtement déchiqueté par les griffes de la bête affolée qu’il fallut changer.

L’ancienne grange avait été transformée par Philippe en une immense pièce à recevoir et tous ses amis, ou ceux avec qui il tournait, répondaient à l’appel sachant qu’il y aurait de l’amitié, du vin, de bons repas, un billard en hiver, un barbecue et une piscine en été… Parfois les invités ne se connaissaient pas et se retrouvaient à aider dans la cuisine ou à bricoler une urgence. Ils devenaient alors intimes, unis par la personnalité du maître de maison. N’a-t-il pas fait dire à Jean-Pierre Cassel, son double à l’écran dans Les jeux de l’amour : « de l’herbe, du soleil, les artichauts et des amis… »

Philippe était un homme pressé, toujours entre deux projets, deux voyages, ou deux peines de cœur mais son amour de la vie, sa curiosité intellectuelle et son goût d’apprendre, l’emportaient sur sa peur du temps qui passe, « ce temps qui nous salit » comme il le fait dire dans Julie pot de colle.

Les amis partis, Philipe s’installait à la tâche : mettre par écrit puis en images son univers. Il réunissait ses chiens autour de lui, un bon feu de bois, du papier, son stylo (toujours le même), des ciseaux et commençait à rédiger des scènes issues de son imaginaire, ou de son quotidien. Lorsqu’il était en panne d’inspiration, il repartait dans son jardin, ou se réfugiait dans une pièce où trônait un imposant train électrique. Conçu par lui avec son fils ou les amis de passage, il nécessitait toujours des réparations urgentes ! La concentration autour d’un rail dévié, d’un fil arraché, lui redonnait l’envie de dégringoler les escaliers quatre à quatre pour se remettre sur son prochain film. Le tout baignant dans les sonorités de la messe en si mineur de Bach qui le bouleversait et l’inspirait au point qu’il l’écoutait chaque fois qu’il rédigeait les prémices d’un film.

Il partageait son amour du jardinage avec ses voisins, un couple délicieux, qui supportaient de vivre sans barrière entre eux. Les chiens vivaient chez eux quand Philippe s’absentait en oubliant de les prévenir. Maislorsque Philippe revenait subitement avec une bouteille de blanc, il se faisait pardonner en un clin d’œil…

Il fut longtemps conseiller municipal du village mais ne racontait à ses amis qu’une seule anecdote : la journée des vieux du village à l’émission de Michel Drucker, comme si le quotidien d’une mairie ne méritait pas d’être mentionné. Pourtant il fut attentif et sérieux à la tâche… En revanche il parlait très souvent d’une de ses passions qu’il avait réussi à faire partager aux habitants de Vert : les feux d’artifices ! Il avait pris des cours d’artificier (vrai ou légende peu importe), aussi était-il en charge le 14 juillet du tir du feu d’artifices et il le faisait avec le même entrain que s’il l’avait tiré place de la Concorde. Les feux explosaient sous ses pieds, lui brûlaient les cheveux, mais il était heureux, heureux comme un enfant émerveillé par la nuit étincelante…

Mais ce bonheur s’est éteint avec la maladie et la porte de Vert s’est refermée laissant sa famille, ses proches et ses trois chiens orphelins…

Heureusement il nous reste ses films, miroir de sa personnalité unique.


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